Bien gagner votre vie en étant chauffeur VTC. Ou pas…

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mendiant et chauffeur plein aux as

Sur le papier, c’est le job de votre vie. Vous en voulez, et plus vous travaillez, plus vous gagnez. De plus, vous êtes indépendant, sans devoir rendre de comptes à qui que ce soit. Mais une belle idée, du courage et de l’enthousiasme ne suffisent pas. En France, environ la moitié des entreprises ne dépasse pas la cinquième année, et il y a de bonnes raisons pour ça.

Dans le cas du VTC, le problème est qu’il est très facile de se lancer. Trop, peut-être. Une rapide inscription en tant qu’autoentrepreneur, un formulaire chez Uber, une visite chez votre banquier pour un crédit voiture et c’est parti. Ça ne peut pas marcher comme ça.

Éviter le premier obstacle

Les carences en gestion représentent un quart des causes d’échec. Avant même de vous lancer, vous devez absolument évaluer la rentabilité de votre projet. Cela passe par la création d’un business plan, dans lequel vous allez, pour au moins les trois ans à venir, lister toutes vos dépenses, mois après mois. Location ou crédit voiture, assurance auto et RC pro, carburant, entretien, tenue, péages, impôts et taxes, comptable le cas échéant… N’oubliez rien. Pareillement, évaluez lucidement vos recettes en fonction du nombre d’heures que vous avez décidé de réaliser, que ce soit par le biais d’opérateurs ou en indépendant.

Bien entendu, cet exercice ne vous engage pas à respecter vos prévisions à l’euro près, et ne vous garantit pas non plus d’atteindre votre objectif. D’autant que vous rencontrerez forcément des imprévus. Mais vous y verrez forcément plus clair qu’en vous lançant les yeux fermés.

Comment faire en pratique

Concrètement, le plus simple consiste à utiliser un tableur, comme celui de Google qui est gratuit. Listez les recettes et dépenses en prenant autant de lignes qu’il faudra, et créez une ligne par mois pour les trois ans à venir. Remplissez ensuite chaque case, et créez une formule listant toutes les recettes, les dépenses, puis calculant la différence. C’est votre bénéfice… avant impôt sur le revenu. Si ce chiffre est négatif, cela veut dire que votre projet n’est pas viable en l’état. Étudiez d’autres hypothèses : faire plus d’heures, ou des heures plus rentables (sans commission, donc à votre compte), diminuer vos charges…

Vous le voyez, c’est un peu plus compliqué que de se demander simplement combien il faut faire d’heures dans l’absolu. À l’époque où suivre une formation représentait une étape obligatoire pour obtenir la carte de chauffeur VTC, ces sujets étaient abordés en détail. En les négligeant, vous prendriez un risque important. Si vous ne vous sentez pas à l’aise là-dessus, faites-vous accompagner.

Dans un prochain article, nous verrons quel est le second risque qui vous menace et comment l’éviter.